Une nouvelle revue

Pourquoi Etudes Digitales plutôt que numériques ? Parce que terme digital conserve en français la référence aux doigts sur lesquels on compte alors que le numérique renvoie à la computation par la machine. Il sera question d’une relation renouvelée entre la dématérialisation du numérique et une phénoménologie du toucher qui, mobilisant l’unité du corps et l’esprit, interroge le statut de la mémoire et celui de ses supports.

Dès les années 1980 des auteurs évoquaient une « société digitale » annonçant des technologies omniprésentes dans le quotidien de demain. Aujourd’hui, les réseaux techniques sont devenus des « réseaux sociaux » et un changement de paradigme s’opère, il sera au centre des questionnements de la revue Études Digitales.

Le digital constitue un domaine traversant, oblique, multiple : il interfère à des niveaux variés dans des activités humaines qu’il modifie comme la lecture, l’écriture, l’accès et l’échange de l’information, l’établissement de formes de sociabilité, mais aussi de vente et d’achat, d’échanges, de lois.

Dans de nombreuses activités les transformations issues de la digitalisation sont si importantes qu’il est tentant de parler d’un changement anthropologique et culturel majeur, comparable aux périodes de transition que furent la Renaissance et la Modernité.

Les mutations s’inscrivent à la fois en rupture et en continuité avec les révolutions précédentes : invention de l’alphabet, invention de l’imprimerie, généralisation de l’écriture par l’enseignement. Aussi, est-il pertinent de pouvoir resituer les novations du digital dans un temps long des régimes de l’historicité.

La revue Études Digitales défend une conception élargie de l’information et de la connaissance à travers une approche herméneutique, critique, rhétorique et poétique. Cette orientation s’inscrit à l’intérieur et au croisement des disciplines. Études Digitales se veut résolument transdisciplinaire et propice à une réconciliation entre littérature, information et communication, arts, philosophie, sciences et technologies.

La revue Études Digitales soutient une conception du « lettré digital », elle vise une élaboration du savoir réflexif qui accompagne le développement des humanités digitales. Il s’agit d’interroger les pratiques non réfléchies qui envahissent notre quotidien avec l’adoption d’applications logicielles multiples. Ce savoir ne se laisse pas prendre au piège de l’immédiateté, ni à celui de l’obsolescence des outils. Entre la démarche d’ingénierie des applications et l’impact des technologies digitales sur les disciplines, la revue se veut le creuset d’une troisième culture.

Franck Cormerais et Jacques Athanase Gilbert ( Fondateurs)

Direction de la publication : Franck Cormerais & Jacques Athanase Gilbert

Comité éditorial : Sylvie Catellin (Université Versailles Saint-Quentin) – Nicole Dewandre (adviser, UE) – Armen Khatchatourov (Télécom EM Paris)Greta Komur (Université de Haute-Alsace) – Anne Lefevre (École Supérieure d’Architecture de Saint Etienne) – Olivier Le Deuff (Université de Bordeaux-Montaigne) – Laurent Loty (CNRS Paris IV Sorbonne) – Manola Antonioli (ENSA Dijon) – Daphné Vignon (Université de Nantes) – Pierre Marechaux (Université de Nantes) – Jean-Max Noyer (Université de Nice) – Vincent Puig ( IRI, Centre Pompidou) – Olivier Rey (CNRS) – Francis Rousseaux (Université de Reims/IRCAM) – Marcello Vitali-Rosati (Université de Montréal).

Comité scientifique: Bruno Bachimont (Université de Compiègne) – Philippe Béraud (Télécom Bretagne) – Serge Bouchardon (Université de Compiègne) – Valérie Carayol (Bordeaux-Montaigne) – Philippe Chantepie (Inspecteur, Ministère de la Culture) – Brigitte Chapelain (Université Paris Nord) – Claire Clivaz (Université de Lausanne) – Gilles Bonnet (Université de Lyon 3) – Alain Giffard (administrateur civil, Fondateur de Gallica) – Olivier Ertzscheid (Université de Nantes) – Jean-Paul Fourmentraux (Université Aix-Marseille) – Béatrice Galinon-Ménélec (Université du Havre) – Alexandre Gefen (CNRS, Paris IV Sorbonne) – Hidetaka Ishida (Université Todaï, Tokyo) – Francis Jauréguiberry (Université de Pau, CNRS) – Jean-Louis Kerouanton (Université de Nantes) – Amar Lakel (Université Bordeaux-Montaigne) – Lefevre Anne (École Supérieure d’Architecture de Saint Etienne) – Laurent Lescop (ENSA Nantes) – Hélène Mialet (Université de Californie, Berkeley) – Gerald Moore (Durham University) – Pierre Musso (Rennes2/ParisTech) – Denis Peschanski (CNRS, Paris 1 Sorbonne) – Yannick Prié (Université de Nantes) – Serge Proulx (UQAM Montréal) – Alberto Romele (Université de Porto) – Warren Sack (Université de Californie – Santa Cruz) – Bernard Stiegler (Université de Londres/Goldsmith) – Nobert Hillaire (Université de Nice).